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samedi, juin 19 2010

LES AGROCARBURANTS: UN BILAN "MI FIGUE, MI RAISIN" ET TRES INCOMPLET

Le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable, et de la Mer, ainsi que le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture, et de la Pêche, conjointement avec l'ADEME et France AgriMer, ont lancé en 2009 une étude portant sur les analyses de cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France.

Cette étude a été réalisée par BioIs sous l'égide d'un comité technique associant les professionnels des filières agricoles, des filières industrielles et des associations environnementales.

Les résultats de cette étude ont été communiqués par L’ADEME en Avril 2010

LES AGROCARBURANTS SONT ILS VRAIMENT "MEILLEURS" POUR NOTRE ENVIRONNEMENT ? LA REPONSE EST A LA FOIS INCOMPLETE ET EN DEMI TEINTE

AGROCARBURANTSComparés aux carburants fossiles, les agrocarburants produits et importés en France (dits de première génération) émettent de 24 à 91 % de gaz à effet de serre (GES) en moins. Les gains nets en émission de GES sont d'environ 50 à 70 % pour les bioéthanols (fabriqués à partir de biomasse), le meilleur élève étant l'éthanol de canne à sucre (72 %).

Le gain est meilleur encore pour les biodiesels (obtenus à partir d'huile végétale ou animale), qui assurent de 60 % à 90 % de réduction. Le bilan est en revanche plus faible pour la filière ETBE issue des éthanols de blé ou de maïs : entre 24 et 31 % d'émissions en moins.

MAIS LA PRUDENCE S'IMPOSE QUANT A L'EXPLOITATION DES RESULTATS

La prudence s’impose quant à l’exploitation des données nettement incomplètes qui nous sont fournies et le bilan pourrait même s’inverser si l'on tenait compte de l'impact des changements d'affectation des sols. Une forêt, stocke du CO2, tant dans le sol que dans les arbres eux-mêmes, c’est un puits de carbone. Elle en émet quand on la détruit pour la transformer par exemple en un champ de cultures, ce qui pourrait inverser le bilan environnemental des agrocarburants.

Ainsi, le biodiesel de soja, qui offre une réduction de 77 % d'émission de GES sans prise en compte du changement de sol, ne présente plus le même profil dans le scénario "pessimiste" (un hectare de forêt tropicale transformé en un hectare de culture de biocarburants) : il émet alors quatre à cinq fois plus de GES que le gasoil. Le même phénomène de pollution est à l'œuvre en cas de dégradation des sols liée à la culture intensive de canne à sucre ou de palmiers à huile.

Il est important de compléter cette étude qui ne nous donne que des résultats partiels et en fait, peu exploitables Un comité d'orientation chargé d'étudier cette question des changements d'affectation des sols va être mis en place le mois prochain, a assuré Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Ademe qui ajoute par ailleurs que "Ce n'est pas sur les biocarburants qu'il faut se fonder pour réduire les émissions de CO2 dans les transports".

UN AUTRE BEMOL

Un autre bémol concernant d'autres informations à compléter pour établir un véritable bilan des émissions de gaz à effet de serre

Outre le fait que ces chiffres sont obtenus sans tenir compte des effets de changements d’affectation des sols ; ce que les scientifiques appellent l’UTCF (Utilisation des Terres , leur Changement et la Forêt), une autre incertitude de taille n’a pas été prise en compte, et des données manquent pour dresser le bilan complet des agrocarburants.

Il s’agit de l’utilisation des engrais azotés qui se combinant à l’oxygène de l’air produisent des protoxydes d’azote (N20) dont le pouvoir de réchauffement global est 310 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2)

Ces cultures spécifiques de plantes destinées à la production d’agrocarburants, se font à partir de pratiques culturales tirées de l’agriculture intensive en utilisant très souvent massivement des engrais azotés dont l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre n’a pas été pris en compte dans l’étude.

L’Ademe va donc poursuivre ses travaux, via un comité de pilotage qui va être mis en place. L’une de ses premières missions sera de comparer toutes les analyses de cycle de vie des agrocarburants menées dans le monde.

EN BREF :

Sur le site de France Nature Environnement (FNE), Michel Dubromel, responsable des transports dans cette fédération qui regroupe près de 3 000 associations, estime que l'étude démontre "qu'en aucun cas les agrocarburants ne représentent une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports routiers". Lionel Vilain, conseiller technique agricole pour FNE, renchérit : "La conséquence, c'est que l'incorporation obligatoire de 10 % d'agrocarburants dans les carburants conventionnels en Europe va se traduire par une déforestation accélérée des forêts brésiliennes, malaisiennes et indonésiennes."

La directive européenne "Energies renouvelables" du 23 avril 2009 demande en effet aux Etats membres d’incorporer dans les transports 10 % d’énergies renouvelables produites de manière durable, avec pour critère une réduction de 35 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux équivalents fossiles en 2010, puis 50 % en 2017. La France, qui produit 75 % de biodiesel et 25 % d'éthanol, est sur le point d'atteindre cet objectif de 10 % d'agrocarburants dans les transports, mais ceux-ci ont pour l'instant seulement permis de réduire de 4 % les émissions du secteur.

Remarque de l'auteur:

On assiste à la même imprécision en ce qui concerne les émissions de protoxyde d'azote, dans une autre culture, celle du bois énergie sous la forme de taillis à courte, où a très courte rotation.

La encore aucune étude ne fournit les quantités utilisées réellement d'engrais azotés, susceptibles de produIre du N2O, ce qui serait pourtant de nature à changer notablement le bilan CO2 du bois énergie.

Remarquons en passant que la non plus on ne tient pas compte de l'Utilisation des Terres, leur Changement et la Forêt, ce qui serait pourtant un minimum dans le cas de taillis à courte rotation qui s'apparentent plus à la culture intensive qu'à la sylviculture

NOTA: J'ai volontairement utilisé en permanence le terme d'agrocarburant et non celui de biocarburant utilisé par BioIs et l'ADEME, cette appellation étant susceptible d'induire que ces plantes ont été cultivées de manière biologique ce qui n'est absolument pas le cas

Philippe Dubaele

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mardi, janvier 26 2010

DES MICROBES POUR FABRIQUER DU BIOCARBURANT

« France - Après deux ans de travail, des chercheurs de la société Global Bioenergies (GBE) sont prêts à tester à l'échelle industrielle un projet très surprenant : produire du carburant à partir de bactéries génétiquement modifiées.

AGROCARBURANTSAlors que les biocarburants de première génération ont montré leurs limites et que les hydrocarbures à base de plantes peinent à se développer, l'avenir du biocarburant pourrait résider dans les microbes.

Nourri de sucre, un microbe modifié sécrète du carburant. De nombreux chercheurs et investisseurs américains s'intéressent à ce biocarburant de troisième génération quand, en Europe, la société française Global Bioénergies est la seule à avoir misé sur cette technique.

Il s'agit de reprogrammer les gènes des micro-organismes afin qu'ils transforment les sucres contenus dans les végétaux, la paille, la mélasse ou encore les déchets ménagers, en molécules d'iso butène.

Ces dernières sont des composés chimiques gazeux qui peuvent être très aisément transformés en essence, en gasoil ou en kérosène. Ce biocarburant renouvelable qui ne rejette pas de carbone dans l'atmosphère, serait compatible avec tous les moteurs actuels. Il pourrait être rapidement produit en grande quantité pour un prix moins élevé que celui du pétrole. »

Source: Maxi Sciences




Remarque Climaterra: Les bio carburants, (encore serait-t-il plus correct de les appeler agrocarburants), notamment de première génération n’ont pas tenu les promesses qui nous avaient été faites par leurs promoteurs.

Ils ont même fini par être considérés par de nombreux scientifiques comme « un remède qui aggrave le mal » et leur incapacité à contribuer à lutter sérieusement contre le réchauffement climatique n’est quasiment plus contestée.

Ces agrocarburants de troisième génération font renaître un espoir qu’il convient toutefois de voir confirmer par des expérimentations dépassant le cadre du laboratoire

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mercredi, avril 1 2009

UN NOUVEL AGROCARBURANT EST MIS EN SERVICE: FAUT IL S'EN REJOUIR ? PAS SI SUR !!!!

COMMERCIALISATION A PARTIR DU 1er AVRIL 2009 D’UN NOUVEAU CARBURANT LE SP 95 E10

Un Nouveau carburant qu’il convient de classer dans la catégorie des « agrocarburants » a été mis sur le marché le 1er avril 2009. Rien que de plus normal, puisqu’il s’agit là d’une directive Européenne qui a fixé comme objectifs aux états membres d’incorporer d’ici 2010 5,75 % d’éthanol dans les carburants traditionnels (10 % d’ici 2015). La France quant à elle, a décidé d’atteindre un niveau d’intégration de l’éthanol de 7 % dès 2010. A titre d’information, notons que l’Allemagne a abandonné l’idée de mettre ce carburant avec 10 % d’éthanol sur le marché.

AGROCARBURANTS Une des raisons serait que ce carburant est nettement plus corrosif que le super 95 classique et que, le risque que les propriétaires de véhicules, non compatibles avec E 10 se rabattent sur des carburants comme le « super plus » est loin d’être négligeable. Dans tous les cas il est vivement conseillé aux futurs utilisateurs de l’E10 de vérifier la compatibilité de leurs véhicules avec ce carburant sur le Site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire

http://www.developpement-durable.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=990

L'objectif affiché pour la France, est donc bien sur de lutter contre ces émissions de gaz à effet de serre et notamment le dyoxide de carbone: le CO2.

Dans ces mêmes pages, on a pu voir que l’efficacité des agrocarburants en la matière était loin d’être établie et on assiste à une levée de boucliers contre la mise sur le marché de ce carburant.

On peut lire sur le blog d’Arnaud Gossement: « E10 : un carburant pas vert et à côté de ses pompes » « Malgré la multiplication des rapports (FAO, OCDE, Commission européenne…) sur les dangers des agrocarburants, la France a choisi de prendre de l’avance sur les objectifs européens en distribuant un carburant que l’Allemagne vient d’interdire*. » Je vous conseille la lecture de la totalité de l’article d’Arnaud Gossement sur le lien suivant :

http://www.arnaudgossement.com/archive/2009/03/31/agro-carburant-e-10-une-arnaque-pour-le-consommateur-et-pour.html

Même son de cloche pour univers nature :

« Promue comme la nouvelle trouvaille qui permettra à la France de satisfaire à ses engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, voire de devancer les objectifs européens, l’incorporation de cet agrocarburant pourrait bien s’avérer être un poisson d’avril de mauvais goût. D’une part, son intérêt environnemental s’avère pour le moins discutable, l’argument mettant en avant la réduction des rejets de gaz à effet de serre étant, en partie, contredit par la surconsommation qu’occasionne le recours à l’E10.

D’autre part, à l’instar d’autres agrocarburants, une partie de l’approvisionnement sera assumée par les pays du Sud, lesquels paieront, une fois encore, la note de nos choix environnementaux. De fait, alors qu’une frange de la communauté internationale s’inquiète d’une concurrence alimentaire accrue, le développement des agrocarburants s’impose comme un non-sens, permettant à certains de rouler l’esprit apaisé sans se soucier d’accaparer des surfaces agricoles pourtant si précieuses. »

Voir la totalité de l’article sur : http://univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3668

Enfin qu’il me soit permis de reprendre ici quelques lignes de l’intervention de Eric VINDIMIAN, Chef du service de la recherche à la Direction de la recherche et de l’innovation, Commissariat général au développement durable MEEDDAT

« Les agrocarburants n'ont donc pas d'autre justification que celle de fournir du carburant utilisable pour les transports en substitution des carburants d'origine fossile. Il s'agit de fait d'une solution de stockage d'une forte quantité d'énergie pour une masse relativement faible.

La mise au point d'une solution fiable, rentable et de masse raisonnable pour le stockage de l'énergie électrique, suffirait à disqualifier les agrocarburants, sauf en cas d'enjeux d'approvisionnement de certains matériaux pour cette solution………………. L'enjeu de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est de réduire les émissions d'un facteur 4 dans les pays industrialisés comme la France.

On sait que les émissions des sources fixes ont un potentiel de diminution important lié aux différentes possibilités de substitution des sources fossiles par de l'électricité d'origine nucléaire, aux progrès attendus de la consommation des bâtiments et de l'industrie, à la possibilité de production d'électricité in situ et à l'utilisation du solaire thermique.

Il est cependant illusoire de compter sur les seules émissions fixes pour atteindre cet objectif. Il faut donc s'attendre à devoir diminuer également d'un facteur 4 les émissions des sources mobiles, celles qui utiliseront les agrocarburants. Or les visions les plus optimistes des possibilités technologiques ne permettent d'envisager pour ces sources qu'un facteur 2, et seuls les scénariis impliquant un changement des comportements permettent d'atteindre l'objectif »

Pour mémoire, ce rapport a été établi pour le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire. On ne peut pas l’inventer. Mais peut être un jour les rapports des scientifiques seront-ils lus, entendus et qui sait, suivis d’effet ?

Philippe DUBAELE CLIMATERRA 21 rue de Fécamp 75012 PARIS

  • L’Allemagne avait décidé en réalité dès Avril 2008 l’interdiction de l’E10

vendredi, mars 27 2009

LES AGROCARBURANTS: UNE VRAIE FAUSSE BONNE IDEE ? (SUITE 2)

LES AGROCARBURANTS: UNE VRAIE FAUSSE BONNE IDEE ? (SUITE 2)

L’étude Price Waterhouse Coopers Ademe-Direm 2002 avait servi de base à la mise en place des filières bioéthanol en France. Cette étude a été de nombreuses fois remise en cause par un certain nombre d’experts qui contestaient les bilans énergétiques des filières bioéthanols de betterave, de maïs et de blé biocarburants. On lui reprochait notamment de ne pas avoir pris en compte la totalité des coûts énergétiques imputables à ces agrocarburants. J’ai choisi aujourd’hui de parler d’un document de l’ADEME, très récent (Décembre 2008) et qui s’intitule « AGROCARBURANTS ET ENVIRONNEMENT » Ce rapport est disponible dans sa totalité sur simple demande sous format PDF sur le blog de CLIMATERRA Cette étude fait 143 pages et je ne saurais trop vous conseiller la lecture de ce document pour vous forger une opinion, et ce en parfaite connaissance des argumentations et chiffres présentés par les différents rapporteurs. Ce rapport est une mine d’information sur la filière, les enjeux, les implantations et sites de production, les impacts environnementaux liés à l’utilisation des engrais, pesticides et autres produits phytosanitaires, les procédés de fabrication de l’éthanol, les pressions sur l’environnement et leurs liens à la biodiversité des zones cultivées etc. Etc. L’Europe a fixé comme objectif d’atteindre 5,75 % d’incorporation des biocarburants pour 2010 et d’atteindre 10% en 2015. Les agrocarburants sont ils réellement une solution à la réduction des ressources fossiles ? Le remède n’est il pas pire que le mal ? Les agrocarburants sont-ils efficaces dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ?

Je me garderai bien d’apporter des réponses à ces questions mais je vous livre une partie de l’intervention d’Eric VINDIMIAN, Chef du service de la recherche à la Direction de la recherche et de l’innovation au Commissariat général au développement durable MEEDDAT.

« Le présent rapport montre que l’objectif de 10% d'incorporation d'agrocarburants n’est pas réalisable sans la mobilisation de nouvelles terres. Si l’on considère la moyenne de réduction des émissions de GES des agrocarburants, qui est de 65% d’après l’étude ADEME/DIREM, on note que cet objectif maximal atteignable de 10% d’incorporation conduit à un gain net maximal en GES de 6,5%. Nous sommes donc, en toute hypothèse extrêmement loin de l'objectif de réduction des émissions de CO2. On peut donc affirmer que la substitution des carburants fossiles par les agrocarburants n'est pas une solution à l'échelle du problème des émissions de gaz à effet de serre par les sources mobiles. Cela conduit également à considérer que la mise sur le marché de véhicules fonctionnant essentiellement à l'aide d'agrocarburants (E85) revêt un caractère marginal dont il est à craindre que les effets pervers sur les efforts de consommation ne l'emportent sur les bénéfices environnementaux. »

Ces quelques lignes sont extraites d’une partie du rapport intitulée « Message aux décideurs » Tout un programme !! Sera-t-il entendu par les décideurs, français comme européens ? Et si oui, ceux-ci sauront ils résister aux pressions, lobbies et autres, pour tenir compte d’avis scientifiques éclairés et prendre en compte l’impact réel de l’introduction des agrocarburants sur notre environnement ? L’avenir nous le dira !

N’hésitez pas à me contacter pour obtenir le rapport dans son intégralité

Philippe DUBAELE http://www.climaterra.fr

mardi, mars 24 2009

LES AGROCARBURANTS: UNE VRAIE FAUSSE BONNE IDEE ? (SUITE 1)

Les agrocarburants !! Une vraie fausse bonne idée ? (suite 1)

Avouons le, lorsque j’ai entendu parler pour la toute première fois de la possible généralisation de l’utilisation de biocarburants*, (c’était le nom en vigueur à l’époque) je me suis enthousiasmé, probablement comme bon nombre de mes concitoyens et j’ai cherché à lister ce qui me venait à l’esprit comme avantages prépondérants à ces carburants issus de la bio masse : - On avait la un produit de substitution au pétrole dont on sait qu’il sera de plus en plus rare, de plus en plus difficile à extraire, de plus en plus cher, de plus en plus polluant à produire. Bref les superlatifs ne manquent pas pour exprimer les côtés négatifs de cette énergie fossile dont l’utilisation contribue de manière particulièrement forte à l’augmentation de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère et partant se trouve être un des facteurs, parmi les plus aggravants, du bouleversement climatique, d’origine anthropique. - De plus c’était un juste retour des choses dans la mesure où les « agrocarburants » s’étaient développés parallèlement à l’industrie automobile, et que dans les débuts de celle-ci les véhicules fonctionnaient déjà à partir de productions agricoles : Ethanol pour le moteur à explosion de Nikolaus Otto, et huile d’arachide pour le moteur de Rudolf Diésel. En réalité, le pétrole, abondant et peu couteux, à l’époque, a supplanté les « agrocarburants ». - Les « biocarburants » qu’on appelle dorénavant « agrocarburants » (appellation prêtant moins à confusion, bio venant ici de bio masse et non de l’agriculture biologique. De plus en plus souvent on utilise le terme d’agrocarburants pour des carburants tirés de plantes alimentaires et le terme de biocarburant pour des carburants issus de ressources biologiques non alimentaires, telles que des déchets végétaux ou des végétaux non utilisés en alimentation humaine ou animale) me paraissaient inépuisables, et surtout entièrement renouvelables, au contraire des énergies fossiles. De plus leurs émissions de CO2, au moment de leur combustion, en l’état de nos connaissances de l’époque et sur la fois des rapports établis, étaient particulièrement faibles au regard de celles nécessaires à leur production. -La filière « agrocarburants » s’annonçait également comme créatrice d’emplois et porteuse de développement économique, il n’est que de voir les innovations apparues avec les filières dites de : - : première génération : filière huile,(le palmier à huile, le colza, le ricin, le jatropha…) filière alcool dont les produits sont utilisés soit en carburant, soit en additif avec le bioéthanol (peut être utilisé pur mais aussi en additif), l’Ethyle-tertio-butyle-éther (éther d’éthanol utilisé en additif) le bio-butanol, le méthanol…., la filière gaz ; le bio-méthane, le dihydrogène…., la filière BTL (Biomass to Liquid), le gazogène, la filière charbon de bois - deuxième génération : Transformation de la cellulose des végétaux et de la lignine (bois, paille déchets agricoles) en alcool ou gaz, utilisation des termites et de leurs bactéries capables de transformer les déchets de bois en sucre pour la fabrication de l’éthanol, utilisation des algues, des micro-algues, de diverses cultures oléifères, voire même des résidus du lait, de la « laitue de mer » etc. Bref, le génie humain ouvrait une fenêtre sur l’espoir du remplacement du pétrole, et ce, au grand bonheur du consultant en développement durable que je suis, puisqu’il était sérieusement envisagé que ces « agrocarburants », chiffres à l’appui, abaisseraient de manière significative les émissions de CO2 dans l’atmosphère. Cela faisait doublement mon bonheur puisque je comptabilise justement celles-ci dans l’exercice de mes fonctions et que la quantité gigantesque de gaz à effet de serre que nous rejetons ne laisse pas de m’inquiéter. Qu’en est-il aujourd’hui de ces espoirs ? Peux t’on confirmer ce que nous espérions, notamment en matière de réduction des gaz à effet de serre ? Les agrocarburants sont ils en mesure de remplacer les énergies fossiles ? Nous en reparlerons ici et je vous suggère quelques liens ci après (liste disponible par mail) qui vous permettront de vous faire une opinion sur la question. Mais peut être souhaitez vous d’ores et déjà alimenter le débat sur le sujet ? N’hésitez pas !

Définitions lexicographiques et étymologiques de bio du CNRTL. Définitions lexicographiques et étymologiques de carburant du CNRTL. Un rapport de l'ONU pèse le pour et le contre des biocarburants, 10 mai 2007 BP et Dupont annoncent un partenariat pour développer des agrocarburants avancés Synthèse industrielle du méthanol, Société française de chimie Production d'hydrogène à partir de sucres, Technisch Weekblad, 30 septembre 2006 La filière Fischer-Tropsch : des carburants à partir de gaz, de charbon ou de biomasse, IFP Ratio des masses molaires, voir Fermentation alcoolique ? Biocarburants : pires que des énergies fossiles !, Les amis de la Terre, 4 mars 2006 La filière ligno cellulosique-biocombustible, ADEME

La Suède, pionnière du carburant vert

Un biocarburant fabriqué grâce aux termites, Enerzine, mars 2007 De la laitue de mer pour faire du bioéthanol?, svt.967, France, 2007 Un carburant à base d'huile d'algue, Biofutur n°255, mai 2005 Biocarburant : les algues sont-elles la solution ?, Association Oléocène Les biocarburants dans le monde, Note de synthèse panorama 2007, IFP Tout savoir sur les biocarburants - Les perspectives et les recherches conduites à l'IFP, Anne-Laure de Marignan, IFP Faim dans le monde et stocks mondiaux, article publié par le MODEF en juillet 2007. Forêt et changements climatiques - IDF / CNPPF - P. Riou-Nivert, Séminaire forêt de la fédération des PNR - Saint-Brisson, 24 octobre 2006 Que pouvons-nous espérer des biocarburants ?, Jean Marc Jancovici Que pouvons-nous émettre comme CO2 si nous voulons lutter efficacement contre le réchauffement climatique ?, Jean Marc Jancovici Crise alimentaire : la Banque mondiale accable les biocarburants, article de Laureen Ortiz paru dans Libération Les biocarburants dopent les cours des céréales, Enviro2B, 4 mai 2007 AFRIQUE • Les émeutes contre la vie chère se multiplient, revue de presse de Anne Collet publié sur le site internet de Courrier International. 5 juillet 2008. Agrocarburants : Nicolas Hulot et les ONG dénoncent "l'entêtement" français, publié le 24 octobre sur le site de l'AFP Bilan du réchauffement climatique 2007, GIEC-IPCC 2007

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