Nous abordons la troisième partie de notre dossier consacré aux impacts environnementaux du Bois Energie. Après le Monoxyde de Carbone (CO) et les émissions de poussières fines, nous étudierons aujourd’hui les émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et de Composés Organiques Volatiles Non Méthaniques (COVNM) liés à la combustion du bois.

Que sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques ?

FEU DE BOIS 2Communément appelés HAP, les hydrocarbures aromatiques polycycliques sont une famille de composés chimiques constitués d’atomes de carbone et d’hydrogène dont la structure moléculaire comprend au moins deux cycles aromatiques condensés.

Depuis de nombreuses années, les HAP sont particulièrement étudiés car ce sont des composés présents dans tous les milieux environnementaux et qui montrent une forte toxicité.

En France, les émissions anthropiques de HAP sont dominées par le secteur domestique, du fait de la consommation énergétique (notamment le chauffage au bois, émetteur largement majoritaire de HAP dans l'atmosphère).

Ensuite viennent le secteur des transports routiers, notamment des véhicules diesel, puis celui de l’industrie manufacturière.

Comme dans les deux premières parties de notre dossier consacré au bois énergie, nous nous référons aux chiffres annoncés tant par l’ADEME que par le CITEPA. (Le Bois Energie et la qualité de l’Air : 17 juillet 2009)

LES EFFETS DES HAP SUR LA SANTE

Les HAP étudiés dans le rapport ADEME tels que définis par la CEE-NU sont le benzo(a)pyrène, le benzo(b) fluoranthène et l’indéno (1,2,3-cd) pyrène

Notons que le benzo(a)pyrène (B(a)P) est un des HAP les plus toxiques. En effet, il est reconnu comme cancérogène par l’IARC (International Association for Research on Cancer). Ceci est lié à sa capacité à former des adduits avec l’ADN.

Outre leurs propriétés cancérogènes, les HAP présentent un caractère mutagène dépendant de la structure chimique des métabolites formés. Ils peuvent aussi entraîner une diminution de la réponse du système immunitaire augmentant ainsi les risques d’infection.

COV ET HAP

Que sont les Composés Organiques Volatiles Non Méthaniques ? (COVNM)

Les composés organiques volatils, ou COV sont composés de carbone et d’hydrogène pouvant facilement se trouver sous forme gazeuse dans l'atmosphère.

Les COV sont des précurseurs, avec les oxydes d'azote, de l'ozone troposphérique. Ce sont donc des gaz à effet de serre. Leur caractère volatil leur permet de se propager plus ou moins loin de leur lieu d'émission. Ils peuvent donc avoir des impacts directs et indirects.

LES EFFETS DES COV SUR LA SANTE

Les COV présentent des effets indirects sur la santé !!

Les COV participent à des réactions photochimiques dans la basse atmosphère, causant ainsi l’augmentation de la concentration d’ozone dans la troposphère, et ils ont à ce titre un effet indirect sur la santé.

La modification du cycle de Chapman due aux radicaux générés par les COV accentue la présence d’ozone dans l’atmosphère. Entre 1970 et 1990, la concentration en ozone troposphérique pour l’Europe est passée de 10 ppm à 50 ppm (ppm : particules par million), soit une augmentation de plus de 2,4% par année. Celle-ci est fortement liée à l’asthme autant chez les jeunes que chez les personnes âgées.

Certains des COV sont en outre nocifs pour les espèces animales et végétales. L’ozone a également un effet sur les arbres feuillus, les plantes, les légumes et les fruits. Le climat est également modifié par la présence des gaz à effet de serre. Une augmentation de la température globale de la terre est induite par la présence croissante d’ozone, qui absorbe dans l’infrarouge 2000 fois plus que le dioxyde de carbone pour le rayonnement terrestre.

Certains COV peuvent avoir des effets directs sur la santé !!

Certains COV ont des effets directs sur le corps humain s’attaquant au foie, aux nerfs ou encore au cœur. D’autres encore possèdent une toxicité spécifique à la moelle osseuse et aux testicules.

Les COV et certaines molécules associées peuvent également être cancérigènes et certains figurent sur la liste des cancérogènes du groupe 2A du CIRC.

CONTRIBUTION DU BOIS ENERGIE AUX EMISSIONS NATIONALES DES HAP ET COV: (Source CITEPA 2008)

Le Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA) nous apprend que pour l’année 2005 le bois énergie a contribué de manière significative aux émissions nationales

  • De HAP pour un total de 77 % des émissions
  • Des COV pour un total de 22 % des émissions

Notons qu’il s’agit bien des émissions nationales de HAP et de COV, toutes émissions confondues, (industrie, transport, consommations énergétiques), ce qui place le Bois/Energie en tête des émetteurs de HAP, et font de lui un émetteur significatif de COV

Une étude prospective de l’ADEME (2005), a modélisé l’évolution possible des émissions atmosphériques du secteur domestique à l’horizon 2020 et l’impact des facteurs suivants :

Une fois de plus l’accent est mis sur le remplacement du parc d’appareils de chauffage au bois existant par des appareils plus performants au rendement plus élevé, ce qui devrait avoir un effet mécanique de diminution des consommations de bois énergie et de ce fait une diminution du volume des émissions liées.

Il est évident que ce raisonnement ne peut être pris en compte qu’à parc constant, une explosion du nombre d’appareils en fonctionnement venant tout aussi mécaniquement invalider cette hypothèse.

Le renouvellement du parc, par des appareils à plus faible taux d’émissions a également été envisagé pour la modélisation, ainsi que la performance énergétique des bâtiments d’une manière évidente.

Cette évaluation met en évidence une réduction potentielle des émissions de polluants atmosphériques d’ici 2020 par rapport à la situation actuelle de 40 et 58% pour les HAP* et de 76 à 85% pour les COVNM.

Ces réductions envisagées paraissent importantes mais il convient de les replacer dans le contexte des émissions nationales des appareils de chauffage pour 2005 (source ADEME)

Pour les HAP : Au cours de l’année 2005 le Bois Energie a émis 19 tonnes de HAP, la houille 0,3 gramme de HAP, le fioul domestique 232 kg de HAP et le gaz naturel, quant à lui, n’en a émis aucun. Si d’ici 2020, les émissions de HAP étaient effectivement réduites de 58 % (hypothèse la plus favorable) elles resteraient encore près de 35 fois plus élevées que la somme des HAP de toutes les autres énergies réunies. (Toutes choses égales par ailleurs)

En ce qui concerne le COVNM, pour 2005, le Bois Energie a libéré dans l’atmosphère 303900 tonnes de COV, la houille 2,2 tonnes de COV, le fioul domestique 997 tonnes de COV et le gaz naturel 1510 tonnes de COV. Dans l’hypothèse la plus favorable toujours, de la modélisation retenue pour 2020, avec 85 % de réduction des émissions de COVNM liées à la combustion du bois, celles-ci seraient encore de 44585 tonnes soit près de 18 fois les émissions de toutes les autres énergies de chauffage retenues dans l’étude ADEME. (Toutes choses égales par ailleurs)

J’avoue avoir beaucoup de difficultés à m’extasier sur les « vertus environnementales » du bois énergie comme je l’entends faire ici ou là.

Nous avons vu ce qu’il en était pour les émissions de monoxyde de carbone (CO), les émissions de poussières fines (PM 10, PM 2,5 et PM 1) les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, (HAP) les Composés Organiques Volatiles Non Méthaniques (COVNM)

Les émissions de CO2, dont on nous dit qu’elles doivent être considérées comme nulles, feront partie de mon prochain dossier consacré au bois.

Tous les chiffres cités sont disponibles dans la note de synthèse de l’ADEME du 17 juillet 2009 : Le Bois énergie et la qualité de l’air

Philippe Dubaele

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