Le salon de l'automobile a ouvert ses portes et cette année la voiture électrique et la voiture hybride sont les vedettes incontestées de ce mondial 2010. Tous ces modèles sont estampillés "Zéro Carbone" et cette dimension se retrouve jusque dans les noms de certaines de ces petites merveilles de technologie.C'est ainsi que Le concept car présenté par Renault se nomme "DeZir", le Z symbolisant le "Zéro" (sous entendu Carbone), et que Citroën est encore plus explicite puisqu'il présente sa voiture électrique "C-Zéro"

Mais est il exact que l'électricité, en France soit peu émettrice de CO2 ?

La majeure partie de la production d'électricité en France, soit environ 75%, est d'origine nucléaire est donc effectivement peu émettrice de CO2. Le reste est produit à partir de sources d'énergies renouvelables comme la production hydroélectrique, et dans une mesure nettement moindre du solaire et de l'éolien. Viennent également les centrales thermiques, à gaz, au charbon qui seront mises en œuvre au moment des pics de consommation.

Notons cependant qu'il s'agit là de la production d'énergie électrique. EDF, qui n'a pas en charge la distribution mais uniquement la production de cette énergie nous assure donc que sa production est bien faiblement carbonée. Mais qu'en est il de l'énergie que nous consommons et celle ci est elle exactement la même que celle que nous produisons?

ECHANGES ELEC TRANSFRONTALIERS

L'énergie est distribuée en France par RTE, et Europe oblige, les réseaux européens sont interconnectés, ce qui signifie, en clair que nous fournissons de l'énergie faiblement carbonée à nos voisins au moment ou nos centrales nucléaires ne trouvent pas de débouchés en France, et qu'en contre partie nous recevons de ces mêmes voisins, au moment de nos pics de consommation une électricité en provenance de Grande Bretagne, de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne etc fortement carbonée. Nous consommons donc une électricité dont les émissions en CO2 sont beaucoup plus importantes que celles liées à l'électricité produite par la France.

L' ADEME et RTE ont produit une note de cadrage, en 2007 sur le contenu en CO2 de l'électricité en France. Cette note repose sur le contenu marginal en CO2 de l’électricité.

"Dans la situation actuelle, les périodes durant lesquelles un incrément de consommation est satisfait par une augmentation de la production nucléaire représentent environ 25% du temps, essentiellement en creux de nuit et en week end : c’est la durée de la marginalité nucléaire.

Durant les 75% de temps restant, la compensation est effectuée sur des moyens de production thermiques charbon, cycles combinés au gaz ou groupes au fioul ou TAC, situés en France ou hors de France.

Sur la base de ces estimations, le contenu marginal en CO2 (par kWh) par classes d’usage est de :

Pour les usages en base : 450 à 550 g

Pour le chauffage électrique : de l’ordre de 500 à 600 g

Pour les usages intermittents et l’éclairage : 600 à 700 g"

EDF a également produit une note sur le contenu en CO2 de sa production. La méthode y est sensiblement différente et évalue le contenu moyen par usage de l’électricité sur la période 1998-2003, période suffisamment longue pour gommer les variations dues à des situations. Elle est consignée dans une note de cadrage ADEME de 2005. Elle donne les valeurs moyennes suivantes:

  • Pour le chauffage: 180 g CO2/kWh avec une plage de variation de 130 à 260 g CO2/kWh
  • Pour l'éclairage: 100 g CO2/kWh avec une plage de variation de 60 à 150 g CO2/kWh
  • Pour les "Usages Intermittents": 60 de CO2/kWh avec une plage de variation de 40 à 90 g CO2/kWh
  • Pour les usages en base: 40 g de CO2/kWh avec une plage de variation de 20 à 72 g CO2/kWh

Que la méthode de comptage employée soit celle de RTE ou celle d'EDF, on est loin du "Zéro Carbone". Ceci amène également un autre constat, en fonction du moment de la journée au cours duquel les batteries des voitures électriques seront mises en charge, l'empreinte carbone sera sensiblement différente avec des impacts carbone jusqu'à plus de 4 fois plus élevés selon que nous serons ou non dans un pic de consommation.

S'il est indéniable que les émissions de CO2 devraient être moins élevées en circulant en voiture électrique plutôt que dans un véhicule utilisant des énergies fossiles, il serait vain et naïf de prendre pour argent comptant les slogans du type "Zéro Carbone" qui ne sont que de l'argumentation commerciale tout à fait dans "l'air du temps"

Le grand danger serait de se dire que nos véhicules électriques émettant peu de CO2, il est inutile de faire des économies et que nous pouvons à nouveau consommer sans réserve. La meilleure des énergies reste celle que nous ne consommons pas et aucune, absolument aucune d'entre elles n'est sans incidence sur notre environnement depuis l'électricité jusqu'au charbon en passant par les énergies renouvelables.

N'oublions pas non plus de comptabiliser les émissions de CO2 induites par la fabrication des batteries et surtout celles qui seront émises, dans quelques années, au cours du traitement de fin de vie de ces mêmes batteries. Pèseront également dans la balance la réalisation des infrastructures qui permettront aux automobilistes la recharge de leurs batteries.

Philippe DUBAELE

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